04 février 2008
FAUT-IL CRAINDRE LA POLLUTION SPATIALE ?
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites,
mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire »
Citation attribuée à Voltaire
Fernand Alby, responsable des débris spatiaux et de la surveillance de l'espace au CNES, Centre National d'Etudes spatiales, l'agence française de l'Espace, revient sur les dangers de la pollution spatiale.
Propos recueillis par Laurent Suply pour le Figaro
Combien d'objets errent en orbite autour de la Terre à l'heure actuelle ?
Le catalogue américain recense actuellement 12.000 objets d'une taille supérieure à 10 centimètres
Les débris plus petits sont difficiles à quantifier. On peut les voir à un instant T, mais nous ne sommes pas capables de les suivre en temps réel ou de calculer leur route.
Les Etats-Unis cherchent à amener leur capacité de détection à un diamètre de 5 cm
Il y aura peut-être alors 30 à 40.000 objets répertoriés.
Y-a-t-il actuellement une explosion du nombre de « polluants » lâchés dans l'espace ?
Non, la courbe est presque régulière, et le nombre augmente de 200 à 250 objets de plus de 10 cm
Ce réservoir d’un lanceur Delta2 s’est écrasé en 1997 près de Georgetown, au Texas.
Outre les fragments de satellites ou de fusée, que trouve-t-on dans l'orbite terrestre ?
Les fragments représentent la très grande majorité des objets catalogués. Les déchets de la Station Spatiale Internationale sont ramenés sur Terre ou désintégrés lors de la rentrée en orbite des cargos russes Progress. Nous avons quelques cas plus insolites, par exemple un tournevis et un sur-gant abandonnés par mégarde lors de sorties extravéhiculaires d'astronautes, mais cela reste anecdotique.
En 2001, ce morceau de titane de 70 kg
Peut-on dépolluer l'espace ?
Non, on ne peut pas se débarrasser de ces objets. Il faut donc faire de la prévention, et s'assurer que les débris retomberont sur Terre, de manière à pouvoir suivre leur trajectoire et réduire les risques. Pour les objets placés en orbite géostationnaire, qui ont une durée de vie de plusieurs millions d'années, il faut s'assurer que les moteurs seront à même, en fin de vie, de diriger l'objet vers une « orbite cimetière » située au-dessus.
Concrètement, quel danger représentent ces débris en orbite ?
C'est un problème de collision, car ces objets ont une vitesse considérable, de l'ordre de 8 kilomètres
En moyenne, à chaque voyage d'une navette spatiale, la Nasa doit changer un hublot à cause d'impacts. Ils sont très épais et résistants, mais l'équipage se trouve juste derrière. Les débris peuvent aussi frapper le bord d'attaque des ailes de la navette, ce qui pourrait poser problème lors de son entrée dans l'atmosphère.
(Laurent Suply pour lefigaro.fr)
Avant de vous donner la parole, je me permets de préciser les points suivants :
a)sans les satellites notre vie à tous ne ressemblerait pas à ce que nous vivons, et d'ailleurs je n'écrirai probablement pas ces lignes en ce moment même,
b) Les poubelles spatiales sont un problème important qui est étudié depuis déjà plusieurs décennies, la prise de conscience est effective, que cela soit chez les russes, les US, les chinois, les pakistanais ou les européens
(voir comité fondé en 1993, l
c) Les objets sont répertoriés et tracés en permanence, avec des alertes afin que leur trajectoire puisse être déterminé à l'avance,
d) La plupart des déchets ne survivent pas à la rentrée dans l'atmosphère et ses strates, leur taille diminue lorsqu'ils se rencontrent; ils ont moins de risque d'atteindre le sol,
e) Il n’est pas interdit de rester vigilant
QU'EN PENSEZ-VOUS?
N'oubliez pas: haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent, ceux qui n'ont rien ou pas grand-chose,
Et vive nos différences, elles nous enrichissent
(Sources :Le Figaro – photos :Reuters- AFP)


