05 octobre 2007

DIVORCE DES QUINQUAS ET PLUS

"je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites 

mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire " 

(Citation attribuée à Voltaire)

Ce sont maintenant souvent les femmes qui demandent le divorce. Du temps de nos grands-mères, nous supportions le mari que la Providence (ou la famille) nous avait donné. Tant mieux s’il était jeune, attentif, gentil, riche, fidèle. Mais le plus souvent, il était vieux, indifférent, grincheux et coureur. Bref, la femme était faite pour supporter

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Maintenant les braves épouses n’ont que leurs illusions à perdre. Les enfants sont scotchés à leur portable, leurs copains, leurs amoureux, leurs rollers et, éventuellement, leurs études. De plus, ils leur demandent très jeunes de leur lâcher les baskets. Se perdre dans leur job ? Qui leur garantit la sécurité de l’emploi et la reconnaissance patronale ? Devenu denrée périssable touchée par la date de péremption, le salarié est jetable à merci. Ce n’est plus un bon plan d’investir toute sa vie dans son job.

Ensuite, les cheveux blancs, il n’en est pas question. Vive les balayages ! On veut bien être douces, mais pour ceux qui le méritent, et pas pour des individus qui, lassés d’avoir cavalé, veulent jouer au repos du guerrier et qui, faute de grives, mangent des merles !

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Alors ? Ces dames n’ont plus une vocation de poires et veulent se faire respecter. Ce qui veut dire qu’un jour, si elles en ont assez, elles disent basta et s’en vont. Elles luttent depuis l’enfance pour obtenir l’égalité et la parité dans la vie publique et sociale. Et elles sont bien décidées à ne pas abandonner la partie dans la vie privée.

Le syndrome du "ras-le-bol"

Béatrice, en rentrant du marché, débarrassant le coffre de sa voiture des bouteilles de bière de monsieur, comme elle le fait depuis trente-trois ans, trouve son mari dans la cuisine. Il rouspète car elle n’a pas choisi les bonnes piles. Béatrice, épouse soumise et dévouée depuis des décennies, plante les courses au milieu de la cuisine et lui dit froidement : "Tu rangeras, je m’en vais". "Tu rentres quand, il va être midi ?" "Je pars pour toujours." Et vlan ! Béatrice est partie, quittant en deux minutes un mari outrageusement infidèle et exigeant depuis quinze ans.

Martine n’est pas partie… Elle a mis sur le palier les valises de son mari qui depuis de nombreuses années faisait de longues escapades avec sa secrétaire, abandonnant femme et enfants. Elle a demandé le divorce et a élevé seule ses enfants.

Christine a quitté un mari alcoolique après des années de souffrance. Mais lorsqu’il est tombé malade, atteint d’une tumeur au cerveau, elle est revenue s’occuper de lui jusqu’à l’issue fatale. Bel exemple de dévouement.

Mais ce "ras-le-bol" tardif ne touche pas que les femmes, les hommes ont aussi leur part de lassitude. François s’occupait de sa fille jour et nuit pendant que sa femme était "en déplacement". Jusqu’au jour où le déplacement prit un visage : c’était pour une relation homosexuelle que sa femme négligeait sa famille. Il est parti trois jours après le mariage de sa fille, le devoir accompli.

Jean-Marie fêtait ses cinquante ans le jour où son patron lui a montré la porte. Après un an de vaines recherches, il a créé sa boîte. Sa femme, qui venait d’hériter d’un confortable patrimoine, a refusé de lui prêter un sou. Forcément, ce genre d’attitude ne favorise pas l’entente. Il a tenu trois ans puis il est parti, sans un sou devant lui.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour partir ? Les réponses sont unanimes : on espère toujours que l’orage passera, que la crise de couple finira par s’arranger, on attend que les enfants soient installés, ou on ouvre les yeux sur la personnalité d’un homme ou d’une femme qu’on idéalisait. Et puis un jour, le constat s’impose : rien ne changera et on ne peut plus supporter de souffrir. L’autre devient insupportable. "J’avais des crampes d’estomac en entendant la clef dans la serrure", explique Martine. "Le son de sa voix me donnait la nausée", confirme Christine. "Je passais mon temps à l’éviter dans l’appartement car je craignais de devenir violent", avoue Jean-Marie.

Le divorce… Et après ?

Le divorce est perçu comme une libération mais, hélas, parfois accompagnée d’énormes problèmes matériels. Béatrice a connu le studio arrangé avec les moyens du bord, les fins de mois difficiles, la pension alimentaire versée en retard, les semaines consacrées à une vaine recherche d’emploi. À plus de soixante ans, elle vit encore dans l’angoisse du lendemain.
Les amis de Jean-Marie l’ont hébergé, aidé à faire des petits boulots, soutenu moralement. Il travaille à droite à gauche, en attendant de toucher sa retraite.

"C’est facile de croire que dans le pré d’à côté, l’herbe est plus verte, mais souvent on déchante !", constate le Dr G.C., psychiatre et psychothérapeute. Lorsqu’on divorce à trente ou trente-cinq ans, on a une espérance légitime de reconstruire un foyer. À plus de cinquante ans, ce n’est pas si facile. On est déjà forgé par la vie, on accepte plus difficilement la cohabitation et la famille de l’autre. La patience est le plus souvent épuisée par des années de luttes, de disputes, de bouderies, de conflits et on aspire à une seule chose : la tranquillité. Et puis, pour s’être trompé une fois, on a perdu confiance en soi, on a peur de retomber dans les mêmes schémas, les mêmes erreurs.

Heureusement, certains repartent d’un pied léger dans la vie amoureuse.

Que faire quand le couple chavire ? Le Dr G.C. prône la thérapie de couple. "Le succès n’est pas garanti à 100 %, mais je conseille d’essayer. Si on constate ensuite que l’un des conjoints ou les deux sont psychologiquement en danger en maintenant la vie commune, alors, on recommande la séparation. Mais, pas avant d’avoir tenté de sauver le couple. Il suffit parfois de l’intervention d’un tiers bienveillant pour que les non-dits s’expliquent, que les malentendus explosent et que le couple cesse de dériver".

Florence le Bras
[11 juillet 2006]
 

QU’EN PENSEZ-VOUS ?  

N’oubliez pas : haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent. 

(Sources : seniorplanet- photo senioractu)                       

Posté par senioretjournal à 08:20 - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires sur DIVORCE DES QUINQUAS ET PLUS

beaujour

et bien je pense que tout est dit... et ma fois trés bien dit.

par contre je pense soudain aux jeunes couples, tout jeunes couples, qui se connaissent à peine, font construire et dans la foulée font un enfant.. et 6 mois plus tard se quittent !
la thérapie sera-t-elle de bon secours pour eux si jeunes, qui ont si peu en commun ?
bien souvent ce n'est pas assez et la rupture est aussi cruelle.

Posté par rsylvie, 05 octobre 2007 à 09:22
trouver la sérénité

Bonjour Bernadette et tout le monde
De mon côté je connais une harmonieuse vie avec le même homme depuis 28 ans.
mais je comprends que d’autres, avec la perspective d’un allongement de la vie, se disent que celle-ci devient trop longue pour accepter des situations intolérables ! et si la séparation leur permet de trouver la sérénité, alors vive leur nouvelle route !
zabeth

Posté par zabeth, 05 octobre 2007 à 09:29

oui, sylvie a raison un divorce est toujours un échec et pour beaucoup, une période pénible, avec les retombées sur les enfants. Mais Lorsqu’on divorce à trente ou trente-cinq ans, on a une espérance légitime de reconstruire un foyer. À plus de cinquante ans, ce n’est pas si facile. On est déjà forgé par la vie, on accepte plus difficilement la cohabitation et la famille de l’autre. La patience est le plus souvent épuisée par des années de luttes, de disputes, de bouderies, de conflits et on aspire à une seule chose : la tranquillité.
Michèlelaprof

Posté par Michèlelaprof, 05 octobre 2007 à 09:50
il faut savoir tourner la page

Les hommes ont eu l'impression de ramener l'argent à la maison sans avoir le temps de savourer leur vie de famille. Les femmes‚ elles‚ se plaignent d'avoir pris soin de tout le monde‚ sans jamais penser à elles.
L'allongement de la durée de vie a modifié la donne, l’important, les enfants partis, c’est de se sentir mieux, si c’est avec le ou la même compagne tant mieux, sinon il faut faire sans !
hommebleu

Posté par hommebleu, 05 octobre 2007 à 11:05
Témoignage

je viens témoigner,(pas me confesser ; ce blog est celui d’une protestante !!!salut Bernadette).

j'ai rencontrée Homme de ma vie à 55 ans il y a 4 ans ,.J'étais mariée depuis 34 ans et vivait mon mariage plutôt mal que bien, mais heureusement j’avais un fils, né en 1973.
Je travaillais depuis 20 ans pour l’Armée. Je suis une femme stable.
Après nos divorces respectifs, Nous sommes partis pour la Grande Bretagne, nous somme mariés depuis 3 ans, mon fils âgé de 34 ans était mon témoin.
Nous ne pouvions pas laisser passer notre chance, surtout que nos enfants respectifs étaient trentenaires , mariés et heureux
A présent ,il faut rattraper le temps perdu et profiter pleinement de nos 30 -40 prochaines années ?
Bien sincèrement à vous!
(le blog est hébergé en Angleterre, où nous vivons,
Bernadette, si vous ne pouvez pas l’ouvrir, vous avez mon adresse)
elleetlui

Posté par elleetlui, 05 octobre 2007 à 12:52

Chaque couple a SON histoire...
Donc chaque couple a SA vérité...
Le copié-collé est impossible...
Chacun doit trouver SA route... Et la suivre...
Avec ses hauts et ses bas...
Aujourd'hui on claque la porte plus facilement...
Est-ce mieux? Est-ce moins?
Seuls ceux qui le vivent peuvent le dire...
J'ai eu la chance de 37 années de bonheur, mais aurions-nous résisté aux changements de la retraite???
La mort de mon mari à juste 60 ans ne me permet pas de savoir comment nous aurions vécu la suite...
Est-ce hélas??? Est-ce tant mieux???

Posté par Danny, 05 octobre 2007 à 12:53

Pour mon compte, le mariage s'est fait lorsque nous étions très jeunes (feu mon épouse 20 ans, moi 21 après mon retour d'AFN) Les 10 premières années de mariage se passèrent très bien, mais dans notre couple une personne s’était incrustée , et s'ingéniait à tout régir, jusqu'à me fâcher avec parents (je le conçois, j'ai été beaucoup trop mou, et de ce fait même responsable) avec le temps mon droit d'expression s'amenuisait.
C'est ainsi que j'avais pris la décision de rester jusqu'à ce que notre fils puisse voler de ses propres ailes, et une fois que l'heure de la retraite aurait sonné, je prendrai le large.
Mais la vie en décide autrement. Un avant la retraie mon épouse s'est éteinte. Et je n'ai pas eu à faire ce que j'avais décidé préalablement.

J'ai renoué avec mes parents (quel bonheur de les avoir à ce jour), et la Providence a mis sur chemin un DON DU CIEL !.
Nous vivons chacun chez nous et nous nous retrouvons dès que nous le pouvons, sans s'incruster et réduire la liberté de l'autre
Nous nous aimons et nous nous respectons ; nos enfants sont nos merveilles, notre petit fils à venir sera un trésor de bonheur.

Posté par alfonsodu94, 05 octobre 2007 à 16:59
triste échec

L'âge ne joue pas, pour un divorce. Un divorce est toujours douloureux, même si on n'aime plus la personne,
c'est quand même un échec.encore plus triste après des dizaine de vie commune
Tom

Posté par Tom, 05 octobre 2007 à 18:12
texte éloquent...

..il résume bien les situations vécues....il ne faut jamais oublier qu'il faut d'abord se respecter dans toutes relations...s'il faut faire trop de compromis, on ne s'aime pas assez... la relation devient insupportable. Moi je vois maintenant une relation de complicité. Chacun ayant sa demeure et ses propres activités. Le tous-les-deux- ensemble c'est terminé.....Comme 2 cercles qui se croisent...une partie intérieure commune, et 2 parties extérieures privées à chacun.
Je vois aussi un respect mutuel, beaucoup de tendresse et une réciprocité passionnelle...;

bonne journée...
ly

Posté par llady, 05 octobre 2007 à 18:25
Un bon article

Excellent article ! Je traverse moi aussi une période similaire alors ça me touche !

Posté par Paco Barn, 06 octobre 2007 à 12:52
Lorsque....

tout est fini...
Une rupture est toujours une blessure.
Vous le dites si bien.
Alain

Posté par Alain, 16 octobre 2007 à 18:28
IMPOSSIBLE

de trouver votre réponse.....
Dommage.
Amitiés
Alain

Posté par Alain, 17 octobre 2007 à 23:14
recherche témoignages

BOnjour,
Journaliste pour la presse féminine, je recherche des témoignages pour un article sur les quinquas qui quittent leur mari (ou conjoint).

Merci de votre aide

Posté par marie, 15 février 2008 à 21:57
Appel à témoins

Bonjour,

Je prépare un reportage pour le magazine Reportages (TF1) sur le divorce des seniors. Dans ce cadre là, je recherche une femme qui a demandé le divorce après de nombreuses années de vie commune. Si cela vous intéresse de participer à ce projet, n'hésitez pas à me contacter!

Sylvieaguirre@yahoo.fr

Posté par sylviea, 22 octobre 2008 à 18:28
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