20 septembre 2007
VIVANTS GRACE AUX MORTS
« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites,
mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire «
(citation attribuée à Voltaire)
Il y a 30 ans, le monde entier découvrait cette effroyable histoire,
celle des rescapés d'une catastrophe aérienne qui,
après avoir passé 70 jours par -40°,
s'étaient nourris de chair humaine pour survivre.
Le récit de leur combat contre la mort va bouleverser les consciences.
Faute de nourriture, c'est Roberto Cannessa, un étudiant en médecine qui va franchir le pas et conseiller à ses amis de se nourrir avec les corps des disparus, et conjurer leur dégoût en leur montrant comment découper méthodiquement les corps, avec un éclat de hublot. Pendant 30 jours, cette mini-société va retourner au cannibalisme.
Je vous propose le développement des détails avec un article de Claire THÉVENOUX pour OUEST France du 20 03 2007 :
« Le vendredi 13 octobre 1972, un Fairchild F-227 avec quarante-cinq personnes à bord, s'écrase dans la Cordillère, à 3 500 m d'altitude.
( des rescapés en couverture de paris match le 06 01 1973)
L'avion emmenait les Old Christians, équipe uruguayenne de rugby, disputer un match amical au Chili. Amis ou famille accompagnaient les joueurs. De violentes turbulences ont fait perdre brutalement de l'altitude à l'avion qui s'est déchiré sur un sommet. Treize personnes meurent dans l'accident, dont la mère de Nando et Guido Magri, son plus vieil ami, un demi de mêlée rapide et rusé.
L'avion est entouré de crêtes immenses. Et il est trop petit pour être visible du ciel par des secours qui ne savent pas où chercher. Mais ça, les survivants ne le savent pas encore. Ce sont des gamins, 18 ans de moyenne d'âge, en pleine forme physique mais en baskets et bras de chemise, qui se réchauffent les uns contre les autres dans le fuselage. Des gosses de riches, à l'insouciante jeunesse. « J'étais étudiant en business dans une université américaine, se rappelle Nando Parrado. En 24 heures, je suis devenu un animal dans une glacière. » Le froid les mine. La soif les taraude. La faim les achève. Commence le lent ballet de la mort qui rôde. Au huitième jour, Suzy, la petite soeur chérie de Nando, s'éteint dans ses bras. « C'est là que j'ai entendu pour la première fois une voix intérieure qui me disait de ne pas pleurer, de ne pas lâcher. » Il avait pourtant mille raisons de se laisser partir : la peur, « attachée à l'estomac pendant 72 jours, comme une boule », la panique de se sentir « enterré vivant », la certitude qu'il allait mourir d'une minute à l'autre...
« Les lois des hommes n'existaient plus. Il n'y avait plus que la loi des montagnes, la loi de la survie. » Et il y avait tous ces cadavres, étendus à l'extérieur de l'avion, sous une mince couche de gel. « Nous sommes en train de mourir de faim, lâche un jour Roberto Canessa, étudiant en médecine. La seule source de protéines ici, c'est les corps de nos amis. » Il fallait les voir comme de la viande, disait-il. Les récalcitrants finissent par se laisser convaincre d'ingurgiter cette chair blanche, insipide et glacée, découpée en petits bouts. « Quand on n'est pas dans la proximité de la mort, il est facile de dire : c'est bien ou mal. Moi je sais juste que tous ceux qui disent : « Je ne ferai jamais ça », feraient exactement pareil. » Le groupe s'engage à ne pas toucher à la mère et à la soeur de Nando.
Manger les morts va tenir en vie ces jeunes gens qui maigrissent pourtant à vue d'œil :
« Je pesais 95 kg, j'en ai perdu 45 » Manger les morts va les sauver.
(Nando Parrado -photo Claude Stéfan)
Ils n'apprennent l'abandon des recherches qu'au 11e jour, sur une radio bricolée. « C'est comme un médecin qui vous annonce : vous n'avez plus que cinq jours à vivre. Tout bascule. » Au 16e jour, une avalanche emporte huit des leurs. Nando Parrado (1)est extirpé in extremis de la neige. Il ne se départira plus de ce sens du hasard et de la chance qui le suivra même après le crash : « Tous les amis qui étaient assis derrière moi dans l'avion sont morts. Celui qui était couché à ma droite est resté dans l'avalanche. Pourquoi eux et pas moi?»
Aujourd'hui, il a « mis les Andes de côté ». Mais il pense tous les jours à une chose : « Je devrais être mort dans un glacier il y a trente-cinq ans. J'ai ressuscité pour donner la vie, c'est mon plus grand triomphe. »
Claire THÉVENOUX pour OUEST France 20 03 2007
QU’EN PENSEZ-VOUS ?
N’oubliez pas : haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent
(1) a publié début 2007"Miracle dans les Andes" chez Grasset)
(Sources : Ouest France – Photos : Claude Stéfan – Paris Match)
Commentaires
l'instinct de survie
l'instinct de survie est le plus fort.
Alors je me dis que s'ils l'ont fait, je le ferais peut-être aussi ( !!!)
Ils étaient conscients de ce qu'ils faisaient et cachaient les visages des corps qu'ils mangaient.(c’est ce que j’ai lu)
atlas
Commentaires
souvenir atroce
Moi personnellement, j'aurais préféré me jeter du haut de la montagne pour mourir sans consommer
un autre être humain, pour ne pas survivre avec ce souvenir atroce.
Jean-pascal
beaujour
oui, je me rappelle avoir lu ce livre vers mes 14 ans. toute la bonne société, (et tous les autres) était toute boule-versifiée !
quand on est en état de crise, en état de survie...
je me suis toujours posée la question, et moi qu'aurais-je fait ?
je ne sais pas si j'en aurais eu l'idée (j'pense pas j'suis trop simplette) mais j'aurais fait comme les autres. en plus leur démarche à été très respectueuse.
souvent je me pose cette question par rapport à notre histoire patriotique. dans le 61 il y a eu beaucoup de méfaits et d'héroïsme ! et moi qu'aurais-je fait ?
certains diront que Dieu nous guide, d'autres que la nature humaine est bien faite.
j'y crois.
mais hélas, il y en a toujours pour salir les belles choses.
un grand plaisir de vous lire dans le 61, et merci de nous aider à réfléchir et ne pas rester de marbre.
affectueusement rsylvie
pst, il me faudrait une adresse
j'ai des projets pour ... j'peux pas dire sinon plus de surprise !
Bonjour Bernadette.Difficile de dire, j'aurais fait ceci, j'aurais fait cela.Nouds n'étions pas à leur place,
on ne connait pas l'ampleur du désespoir qui les envahissait, on ne peut qu'imaginer. Par conséquent, je pense que je n'ai pas le droit de juger leur acte.
manon
chacun !
bonjour : chacun est libre des ses pensées et geste ; et nul êtres humain doit les jugés..et il faut ce dire qui sais ! ci un jour on ne sera pas mis a cette réflexion je le fais ou je ne le fais pas ??? en bon entendeurs je vous salut
méssage a MEDITER ...
calin de Michelotte
mourir pour un idéal
On peut être amené à faire des choses qui semblent abominables pour ne pas mourir.
Je me permets d’ajouter, mon métier m’y oblige, que les valeurs morales peuvent elles aussi surpasser le reste, c'est ce qui a appelé certains dans l'histoire à se sacrifier pour des idéaux, causes, etc……. leur instinct de survie était au taux 0, pour glorifier d'autres aspects plus importants pour eux, mais surtout pour d’autres !mais là je réalise un hors sujet. Je m’arrête !
c’est vrai Bernadette encore un message du jour à méditer
militaire
A part ceux que je respectent et dont le métier les fait cohabiter plus souvent que nous avec la mort, pompiers, policiers, gendarmes, militaires, et autres, Personne ne sait ce dont on est capable pour sauver sa vie ou celle des autres ...
arcole2
ce rappel me fait remarquer et admirer la formidable capacité d'adaptation de ces hommes à des situations extrêmes, de leur aptitude à rationaliser l'horreur, de leur solidarité ; et si j’ose : du triomphe de leur humanité.
zabeth
Merci du rappel de cet évènement. Cela fait penser au récit du crash de l'avion de Guillaumet dans "Terre des Hommes" de Saint-Exupéry. Il a dû traverser les Andes en marchant pendant des jours (et des nuits) par des températures que nous n’imaginons pas.
lyon74
que Dieu nous préserve de découvrir de quoi nous serions capable dans les mêmes circonstances....
Amitiés
lejardinier
Voyeurisme
C'est incroyable : tout ce que l'on veux bien retenir de leur histoire c'est un récit de cannibalisme !!
Non ! C'est un détail de leur histoire , signifiant peut-être par les tabous qu'il explose et par une volonté désespérée de vie !
Ils se sont ecrasés violemment , ont vu leurs amis et parents mourirs lentements , ont vu leur santé décliner et la montagfne manger leurs espoirs , ils ont gelés en essayant de dormir côte à côte , ils ont crever de faim , se sont sortis de deux avalanches , ont essayés en plus de réparer leurs radios en montant une expéditions dangereuse , ont monter plusieurs autres expéditions désespéreé , sont partis dans le mauvais sens , sont revenus , ont batailler plus fort que des animaux , deux d'entre ont ont fini par monter une crète , la redescendre , et de se taper 110 kilomètre à pieds dans les Andes avant d'apercevoir une ombre équestre , un paysan qui les as enfin vus ,
Et tout ce qu'on veux bien commenter c'est : oulala moi j'aurais pas pu ??
Ils racontent et on écoute et jre crois que c'est l'histoire qu'il vaut mieux se garder de juger .
message
Comment contacter Nando parrado a t il une adresse
email ? Cette histoire est epoustouflante !!!
Bonjour NANDO,
Il y a 10 ans, je vous écrivai en Espagnol pour les 20 ans de ma soeur.
J'espère que vous vous souvenez de moi. Ma soeur vous adore depuis toute petite. Dès qu'elle a vu le film, elle s'est de suite passionnée et surtout vous l'avez fasciné.
Vous avez eu l'extrème gentillesse de répondre à ma lettre que j'ai eu du mal a écrire en espagnol et que j'ai pu lui offrir pour ses 20 ans. Quel bonheur de voir ma soeur pleurer de joie en lisant votre lettre que je lui avais traduite. Ca lui a vraiment réchauffé le coeur, car notre grand père venait de mourrir le jour de ses 20 ans.
Cette lettre, elle la conserve précieusement. Vous lui avait écrit à l'époque que si vous passez en FRANCE vous essaierez de la voir. Elle espère toujours. Le 16 mai 2008, elle aura 30 ans et j'aimerais lui faire un trés beau cadeau venant de vous. Peut être pourriez vous lui écrire à nouveau ou mieux êtes vous en france à cette période? Ma famille serait enchantée de vous accueillir. Je en remercie par avance, car elle vous vénère.
J'attends votre réponse sur mon mail ou par courrier: MMe MATHIEU Stéphanie
28 bld des Pins
Les Borrels
13015 MARSEILLE
FRANCE
06 66 45 47 53 Téléphone
Merci du fond du coeur
Stéphanie 33 ans
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