« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites,

mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire «

(citation attribuée à Voltaire)  

Il y a 30 ans, le monde entier découvrait cette effroyable histoire,

celle des rescapés d'une catastrophe aérienne qui,

après avoir passé 70 jours par -40°,

s'étaient nourris de chair humaine pour survivre.

Le récit de leur combat contre la mort va bouleverser les consciences.

Faute de nourriture, c'est Roberto Cannessa, un étudiant en médecine qui va franchir le pas et conseiller à ses amis de se nourrir avec les corps des disparus, et conjurer leur dégoût en leur montrant comment découper méthodiquement les corps, avec un éclat de hublot. Pendant 30 jours, cette mini-société va retourner au cannibalisme.

Je vous propose le développement des détails avec un article de Claire THÉVENOUX pour OUEST France du  20 03 2007 :

« Le vendredi 13 octobre 1972, un Fairchild F-227 avec quarante-cinq personnes à bord, s'écrase dans la Cordillère, à 3 500 m d'altitude.

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( des rescapés en couverture de paris match le 06 01 1973)

L'avion emmenait les Old Christians, équipe uruguayenne de rugby, disputer un match amical au Chili. Amis ou famille accompagnaient les joueurs. De violentes turbulences ont fait perdre brutalement de l'altitude à l'avion qui s'est déchiré sur un sommet. Treize personnes meurent dans l'accident, dont la mère de Nando et Guido Magri, son plus vieil ami, un demi de mêlée rapide et rusé.

L'avion est entouré de crêtes immenses. Et il est trop petit pour être visible du ciel par des secours qui ne savent pas où chercher. Mais ça, les survivants ne le savent pas encore. Ce sont des gamins, 18 ans de moyenne d'âge, en pleine forme physique mais en baskets et bras de chemise, qui se réchauffent les uns contre les autres dans le fuselage. Des gosses de riches, à l'insouciante jeunesse. « J'étais étudiant en business dans une université américaine, se rappelle Nando Parrado. En 24 heures, je suis devenu un animal dans une glacière. » Le froid les mine. La soif les taraude. La faim les achève. Commence le lent ballet de la mort qui rôde. Au huitième jour, Suzy, la petite soeur chérie de Nando, s'éteint dans ses bras. « C'est là que j'ai entendu pour la première fois une voix intérieure qui me disait de ne pas pleurer, de ne pas lâcher. » Il avait pourtant mille raisons de se laisser partir : la peur, « attachée à l'estomac pendant 72 jours, comme une boule », la panique de se sentir « enterré vivant », la certitude qu'il allait mourir d'une minute à l'autre...

« Les lois des hommes n'existaient plus. Il n'y avait plus que la loi des montagnes, la loi de la survie. » Et il y avait tous ces cadavres, étendus à l'extérieur de l'avion, sous une mince couche de gel. « Nous sommes en train de mourir de faim, lâche un jour Roberto Canessa, étudiant en médecine. La seule source de protéines ici, c'est les corps de nos amis. » Il fallait les voir comme de la viande, disait-il. Les récalcitrants finissent par se laisser convaincre d'ingurgiter cette chair blanche, insipide et glacée, découpée en petits bouts. « Quand on n'est pas dans la proximité de la mort, il est facile de dire : c'est bien ou mal. Moi je sais juste que tous ceux qui disent : « Je ne ferai jamais ça », feraient exactement pareil. » Le groupe s'engage à ne pas toucher à la mère et à la soeur de Nando.

Manger les morts va tenir en vie ces jeunes gens qui maigrissent pourtant à vue d'œil :

« Je pesais 95 kg, j'en ai perdu 45 » Manger les morts va les sauver.

untitled(Nando Parrado -photo Claude Stéfan)

Ils n'apprennent l'abandon des recherches qu'au 11e jour, sur une radio bricolée. « C'est comme un médecin qui vous annonce : vous n'avez plus que cinq jours à vivre. Tout bascule. » Au 16e jour, une avalanche emporte huit des leurs. Nando Parrado (1)est extirpé in extremis de la neige. Il ne se départira plus de ce sens du hasard et de la chance qui le suivra même après le crash : « Tous les amis qui étaient assis derrière moi dans l'avion sont morts. Celui qui était couché à ma droite est resté dans l'avalanche. Pourquoi eux et pas moi?»

Aujourd'hui, il a « mis les Andes de côté ». Mais il pense tous les jours à une chose : « Je devrais être mort dans un glacier il y a trente-cinq ans. J'ai ressuscité pour donner la vie, c'est mon plus grand triomphe. »

Claire THÉVENOUX pour OUEST France 20 03 2007

QU’EN PENSEZ-VOUS ?

N’oubliez pas : haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent 

(1) a publié début 2007"Miracle dans les Andes" chez Grasset) 

(Sources : Ouest France – Photos : Claude Stéfan – Paris Match)

Commentaires

l'instinct de survie

l'instinct de survie est le plus fort.
Alors je me dis que s'ils l'ont fait, je le ferais peut-être aussi ( !!!)
Ils étaient conscients de ce qu'ils faisaient et cachaient les visages des corps qu'ils mangaient.(c’est ce que j’ai lu)
atlas

Posté par atlas, 20 septembre 2007 à 08:51