REBONDIR A 60 ANS ET PLUS

Une journaliste, 60 ans, décide de rebondir sur le net. Sa question est : peut-on rebondir malgré l'âge et le cancer? Elle raconte son quotidien, ses rencontres de journaliste, et traite chaque jour un sujet d'actualité sous un angle non-conformiste.

31 août 2007

ETRE CIVILISÉ C'EST RECONNAITRE LA VALEUR DES FAIBLES ET DIFFÉRENTS

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire «

citation attribuée à Voltaire

Nous sommes tous des handicapés en puissance : les années qui passent, un petit bobo, un gros accident, tout arrive très vite, alors pour  nous rapprocher de ceux qui vivent avec un handicap à vie, je vous propose des extraits d’un article publié le 12 février 2007 dans le Figaro.

L’auteur en est l’admirable JEAN VANIER fondateur de l'Arche, fédération présente dans 34 pays de 131 communautés d'aide aux handicapés mentaux. Ce qu’il écrit s’applique à tous les handicaps.

                 berck19l

"Nous ressentons tous un malaise… Pourrait-il en être autrement dans un monde qui ne fait qu’exalter la force, la productivité, la performance, la beauté physique ? Qui nous juge trop souvent sur des critères éloignés de ce que nous avons au plus profond de nous-mêmes… Nous faisons exprès de ne pas voir les faibles, les malades et les mal performants ! Si quelqu’un d’autre s’en occupe, c’est très bien. Alors j’ai deux ou trois choses à vous dire sur ce que signifie civilisé …

Mon expérience auprès des personnes ayant un handicap mental me montre combien notre société française est loin de ce qu’elle promet ! D’un côté, on veut une société qui accueille des handicapés mais de l’autre, on tarde à installer une véritable politique d’intégration et d’éducation capable de changer le regard porté sur ceux «qui gênent>Dans un article récent du le président du Comité Consultatif national d’Ethique, le professeur Sicard, tirait la sonnette d’alarme sur l’émergence de ce qu’il appelle un véritable « eugénisme» à la française par le biais du diagnostic prénatal. Il constate que sous la pression sociale et la toute puissance de la technique, celui ci sert d’abord à éliminer et non à soigner. C’est ce qui arrive trop souvent en effet. Au fond on ne veut pas aborder la vraie question de civilisation: chaque personne est elle importante et sacrée ou bien seulement celle qui peut être performante ? Et quelle performance ? Où est la limite ?                   handicap_niv2_DOCTISSIMO

N’ayons pas peur de celui qui est «différent» ! La clé du développement de l’être humain n’est-elle pas dans l’acceptation de l’autre tel qu’il est, dans l’acceptation de soi-même tel qu’on est ? Ne pas vivre dans le virtuel ou l’imaginaire, dans la toute puissance, mais dans l’humilité du réel. Découvrir le risque, le défi de s’engager avec d’autres dans sa simple réalité. L’enfant n’est jamais l’enfant des rêves, mais l’enfant de la réalité qui crie aussi pour sa liberté. Accepter l’autre implique un travail sur nous-mêmes, pour apprivoiser nos peurs et nos angoisses.

Aimer l’autre, si faible soit il, c’est le rendre plus libre pour qu’il ne soit plus gouverné par la peur, lui révéler sa valeur, lui montrer qu’il a quelque chose à vivre, à dire aux autres. Aimer, dans un monde civilisé, c’est cela.

Etre civilisé, c’est reconnaître la valeur des plus faibles et des «différents».

Leur donner une place n’est pas uniquement l’affaire des pouvoirs publics, c’est celle de chacun de nous. Les pouvoirs publics doivent investir davantage pour que la société française devienne plus humaine, que les parents des plus vulnérables trouvent le soutien dont ils ont besoin. Pourquoi ne pas développer le statut de volontaire où des jeunes pourront rencontrer et aider d’autres jeunes ? Il faut également encourager les écoles intégrées, éviter que les gens s’enferment derrière les murs de leur clan, de leur milieu ou de leur honte !

Une personne trisomique m’a dit un jour « Si je devais naître aujourd’hui, on me tuerait». Voilà la perspicacité de l’humain «

QU’EN PENSEZ-VOUS ?

N’oubliez pas : haut les cœurs, je vous embrasse respectueusement, pensées particulières pour ceux qui souffrent.

(Sources :Jean Vanier – LE Figaro 12 02 2007 – photos : mincoin.com - doctissimo)

Posté par senioretjournal à 08:11 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bonjour, la variétés de vos sujets me tourne la tête! là un grand MERCI pour parler du handicap, c'est rare et courageux, ça n'intéresse pas grand monde!
je veux vous dire qu'un "handicapé" est avant tout une personne, enfant ou adulte, , "ces personnes" aiment que l'on s'intéresse à elles pour leurs qualités humaines.
CE N'EST PAS PARCE QU’ELLES ONT une défaillance visuelle, motrice, ou autre qu’elles sont incapables de faire quoique ce soit, parfois, leur rigueur, leurs capacités à appréhender les difficultés,EN FERAI PALIR PLUS D'UN non handicapé. Je suis atteinte d’une sclérose en plaques, je ne peux pratiquement plus marcher, mais je « bénévole » en donnant mon temps et mon écoute auprès d’autres handicapés. Insistez bien Bernadette,en expliquant que beaucoup de handicapés peuvent travailler, sont utiles à la société ne serait-ce que par l’exemplarité de courage !
pardon j'ai été longue!
bisouillade à tous et bonne journée
fatiha

Posté par fatiha, 31 août 2007 à 08:43

comme les "autres"

Paraplégique depuis une dizaine d'année suite à un accident de moto ( dans le cadre de mes fonctions, moi aussi j’étais un homme bleu !)
ma femme est enceinte de notre 2è bébé, et je n’en suis pas peu fier!
J’adore le sport que j'essaie de pratiquer le plus possible,et ma sculpture apporte beaucoup de beurre à nos épinards!
ne me parlez pas de courage, comment faire autrement ??
je vous embrasse
cyril

Posté par cyrile, 31 août 2007 à 09:37

Bonjour,
en ce qui me concerne, j'ai un petit frère trisomique,qui est un rayon de soleil, il est toute notre vie ! Mes parents ont choisis d’adopter deux autres enfants trisomiques Ce sont des enfants merveilleux !! Pleins d'amour, ils sont bourrés d'affection, chaque pas en avant est une victoire...ma mère fait partie de l’assoc des officiers (mon père est militaire) et ils visitent des personnes hospitalisées, je ne sais pas où ils trouvent le temps et surtout l’énergie…….. je suis vraiment heureux de les avoir pour parents.
(j’ai fermé mon site, plus le temps…..)
medecinhospitalier (ex létudiant)

Posté par medecinhospital, 31 août 2007 à 10:52

comment aider

Comment aider un handicapé sans le gonfler et sans l'humilier?
Et quand je dis gonfler, je ne parle pas de ses pneus, hein!?
Petit mode d'emploi non exhaustif à l'attention des "aideurs" maladroits. (ou pervers)

COMMENT PRESERVER NOTRE DIGNITE:

- ne pas imposer, mais proposer une aide verbalement avant de faire quelque geste que ce soit
- ne pas proposer votre aide si on n'en a de toute évidence pas besoin: nos muscles et nos articulations ont besoin de travailler. Si vous les privez de cet exercice régulier nécessaire, vous flinguez notre autonomie
- ne pas attraper une personne en cannes par derrière, par le bras, sans crier gare, vous risquez de l'effrayer et de la faire tomber
- idem avec les fauteuils: ne jamais pousser un fauteuil qu'un handi est en train de pousser avec ses mains: vous risquez de lui coincer/arracher des doigts qui se prendront dans la roue à cause de votre "zèle". De plus, si le fauteuil a des pneus pleins et si vous n'avez pas l'habitude de pousser cet objet, vous risquez de nous faire chuter en avant au moindre obstacle (creux, caillou, bosse...)
- demander si vous pouvez aider, et comment
- faire ce qu'on vous dit (on connaît notre handicap mieux que quiconque) même si cela vous surprend. Nous ne sommes pas idiots
- ne nous sautez pas dessus sous prétexte que nous avançons avec lenteur. C'est notre rythme, il est plus sain que votre stress! Respect!
- ne vous entêtez pas à vouloir nous faire traverser sous prétexte que nous sommes immobiles sur un trottoir! Parfois nous prenons l'air, nous reposons, attendons quelqu'un etc... Sans intention aucune de rallier le trottoir d'en face!
- laissez-nous faire les gestes dont nous sommes capables, ça nous valorise, même si nous sommes lents. La lenteur n'est pas une tare, c'est un art de vivre! Que vous avez perdu... (ouh c'que c'est bôôô!)
- ne vous congratulez pas devant nous pour votre coup de main. C'est relou. Ca nous diminue. Si vous êtes en manque de gens à aider, engagez-vous dans l'aide humanitaire, faites du bénévolat... Get yourself a life! Louez des amis, un chien...
- votre regard: s'il est empli de pitié et de commisération, arrangez-vous pour qu'il ne croise JAMAIS celui d'un handi. C'est du poison pour nous. Ca tue notre âme.
- ne tendez pas la main pour une pièce, ou alors prévenez que votre aide est payante, hein! (si vous n'êtes pas capable d'aider gratuitement, faut revoir votre mentalité, y a du boulot)
- ne vous vexez pas si nous déclinons votre offre. Ce n'est pas par fierté, mais cela signifie que nous préférons faire le geste seul, et c'est notre droit. Le fait que nous soyons handis ne fait pas de nous vos "choses", ou des "poupées" manipulables à volonté! Nous ne sommes pas vos défouloirs.
- quelquefois, vous arriverez à point, et nous serons heureux et soulagés de votre aide. N'en profitez pas pour nous raconter vos pépins de santé, vos OP en détails ou ceux de votre oncle Ernest ou de la tante Alberte. (on s'en bat les flancs... nan j'déconne... Quoique!)
- si nous sommes accompagnés, adressez-vous quand même à NOUS si l'aide NOUS concerne!!! Ce n'est pas parce que nous sommes en fauteuil, ou avons peut-être du mal à parler, à maintenir notre tête, à contrôler et coordonner nos gestes, que nous sommes moins intelligent que vous! Nous le sommes peut-être bien plus. Mais notre "carapace trompeuse" cache nos vraies capacités. Voyez Stephen Hawking (article en préparation), incapable du moindre geste seul, sanglé dans son fauteuil électrique, qui ne peut s'exprimer que par ordi et voix de synthèse, et il enseigne à l'Université et est un des grands génies de notre temps. Si vous le croisiez au coin de la rue, vous auriez pitié, ou l'éviteriez. Vous auriez tort. Il est génial, plein d'humour, et son QI sans doute hors de votre portée!

* à ceux qui, au contraire, font mine de ne pas nous voir, et qui fuient à toute vitesse, des fois qu'on leur demanderait de l'aide: n'oubliez pas que vous pouvez vous retrouver dans notre état en une seconde (accident...). Regardez-nous discrètement, voyez si on a besoin d'aide. Si non, passez votre chemin.
* à ceux qui ont appris, à mon contact, ce respect de la personne en situation de handicap, je dis "Bravo" et "Merci"! Je vous aime!

©HANDI@DY

Posté par Handi, 31 août 2007 à 11:10

beaujou'

quel beau sujet...
il est vrai qu'il est important de parler du handicap et du peu d'importance que notre société bien installée (elle aussi dans son fauteuil,,, mais elle ne s'en aperçoit pas !) ne veut pas lui donner.
quand on vous parle handicapé ! c'est toujours (bien souvent) personnes ayant eu un accident de travail, de voiture... mais rarement personne née avec !

que l'on fasse des examens précoces pour le dépistage, ne me parrait pas être choquant ni contraire à la morale.
vous savez, je pense que peu parents souhaient réellement avoir un enfant handicapé !
quel sera son avenir, son devenir .... etc !

mais par contre là, où je m'offusque c'est que l'on ait si peu de considération quand ils sont là !
et je sais de quoi je parle, je travaille auprés d'adultes déficients dans un centre d'aide par le travail.

alors pour eux, merci
à+ rsylvie/

Posté par rsylvie, 31 août 2007 à 11:57

Bonjour Bernadette, c'est bien d'avoir mis le texte de Jean Vanier, que je connais, c'est un homme bien!
je ne suis pas handicapé moi même mais mon enfant l’est et son équipement suscite les regards, voire des réflexions qui sont parfois difficiles à entendre, elle entend, et je dois lui expliquer la cruauté de certaines personnes..... sans lui enlever la confiance qu’elle doit avoir envers la nature humaine
Michel

Posté par Michel, 31 août 2007 à 12:02

bonjour

un bel article oui vraiment beau
mes enfants et petits ont la chance d'être comme on dit normal, mais je leur ai toujours dit votre bonheur un jour peut s'arreter tout simplement par un accident
respectons la vie, respectons les autres on ne sais de quoi demain sera fait
amitié

Posté par babette, 31 août 2007 à 13:31

nous le garderions

difficile d’ajouter quelque chose après de tels commentaires et témoignages.
Salut à toi Cyril, si tu es d’accord je vais demander tes coordonnées à Bernadette.
souvent avec notre épouse, nous nous posons la question ; garder ou pas un bébé trisomique ?
Eh bien nous le garderions a cause de nos valeurs morales et religieuses. Et aussi parce que nous avons souvent lu que c’étaient des enfants attachants.
je comprends que l’on ne pense pas comme nous.
hommebleu

Posté par hommebleu, 31 août 2007 à 13:34

Nous nous disons que c’est aux pouvoirs publics de faire en sorte que chacun puisse vivre avec un handicap, moteur, mental, ou autre. Alors nous y pensons lorsque nous en rencontrons, et puis nous oublions.(enfin je parle pour moi). il faut nous le rappeler souvent pour que notre regard et nos comportements changent vis-à-vis de ces autres différents de nous.D'autant que nous pouvons devenir handicapés du jour au lendemain. C’est bien d’avoir passé le message de handi, qui est plein de bons conseils concrets.
Bonne soirée
zabeth

Posté par zabeth, 31 août 2007 à 18:37

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